C’est quoi l’hypnose ?

L’hypnose désigne des états non-spécifiques ; ils se traduisent par la modification du niveau de conscience dominant notre appréhension raisonnée du tout :

Environnement, pensées, sensations, image de Soi, de l’autre, etc.La transe est un « état non-ordinaire de conscience » (1).En d’autres termes, l’hypnose est une forme « extraordinaire de conscience ».

Légère, moyenne et profonde définissent communément les trois degrés d’intensité d’hypnose. Bien employée, dans la relation d’aide, l’hypnose est profondément humaine, elle ouvre un espace transitionnel (2) de liberté ; la liberté d’explorer et de percevoir les mondes, intérieur et extérieur, individuel et partagé, dans une dynamique subjective d’évolution.

C’est une forme d’observation active qui représente un biais intime vers une ouverture existentielle appropriée, tant dans sa codification perceptuelle que sa réification créatrice.

Cette relation intime à soi et à son environnement est intrinsèquement grandissante ; elle offre une possibilité singulière de détachement de cadres polluants et restrictifs en vue d’évoluer confortablement dans la complexité acceptée de son « Moi ».

En d’autres mots, l’hypnose dans la relation d’aide se définit par une appréhension atypique de toute information de quelque nature qu’elle soit : contextuelle, sociologique, émotionnelle, physique, biologique, psychologique, neurologique ; elle permet un repositionnent équilibrant.

« Toutes les formes d’organisation sur le plan psychologique, physique et biologique, sont en fait des expressions de l’information et de ses transformations » (3).

L’hypnose dans la relation d’aide tend à nous amener vers une réflexion temporaire irrationnelle (l’espace de transe) permettant de modeler ou remodeler une compréhension juste et appropriée (parce que propre à soi-même) qui fait sens, et ainsi d’exister librement dans une réalité partagée complexe et imparfaite.

L’Hypnose dans la relation d’aide est une alternative active et constructive à la tyrannie du « Je dois, il faut » ; elle participe d’un phénomène louable et autorégulateur menant au « je suis ».

En définitive, l’hypnose dans la relation d’aide ouvre des issues précieuses qui permettent de s’éloigner de l’influence pathogène du syndrome de l’utopie (4), pour ainsi réveiller cette capacité innée et inhérente à chacun : l’aptitude à l’émerveillement simple de l’expérience enrichissante de vivre.

La reproduction partielle ou totale de cet article est permise sous la condition d’intégrer sous votre publication (avec lien dur) : “©Extrait d’un article de G. ETTZEVOGLOV https://www.ettzevoglov-gerome.com

1. Nachez, M. (1999), Les états non ordinaires de conscience, Essai d’anthropologie expérimentale, Thèse de doctorat de science humaines, SEPTENTRION.
2. Dans la forme “topologique” des phénomènes transitionnels de D. Winnicott, à savoir celle d’un “espace potentiel” tel qu’il le définit: « J’ai introduit les expressions « objet transitionnel » et « phénomène transitionnel » pour désigner la zone d’expérience qui est intermédiaire entre […], l’activité créatrice primaire et la projection de ce qui a été introjecté, […]. ». et « […], je m’intéresse à la première possession et à la zone intermédiaire qui sépare le subjectif de ce qui est perçu objectivement. ». Winnicot, D. W. (1969), De la pédiatrie à la psychanalyse, PAYOT, p.110. Winnicot, D. W. (1975), Jeu et réalité, l’espace potentiel, GALLIMARD.
3. Stonier, T. (1990), Information and the internal structure of de universe, New York, Springer-Verlag.
4. Watzlawick P. , Weakland J. , Fish R. (1975), Changements, SEUIL, POINT, p. 66-80.